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En résumé : BlackBerry a été le premier smartphone professionnel de masse. En 2009, la marque pesait 19,9 % du marché mondial. L'iPhone de 2007 a changé les règles du jeu ; RIM a refusé de l'admettre. BB10 est arrivé deux ans trop tard, les pertes 2013 ont scellé le sort du hardware. Depuis 2020, plus aucun appareil BlackBerry n'est produit. La marque survit via ses brevets et son système embarqué QNX.
Research In Motion (RIM) est fondée en 1984 à Waterloo, Ontario, par Mike Lazaridis et Doug Fregin. L'entreprise travaille d'abord sur les réseaux sans fil et la transmission de données. Quinze ans plus tard, elle change l'usage du téléphone professionnel.
Le premier BlackBerry, le modèle 850, sort en 1999. Ce n'est pas encore un téléphone : c'est un pager capable d'envoyer et de recevoir des emails en push, sans action manuelle de synchronisation. Une rupture nette avec les pratiques de l'époque.
En 2003, les modèles 7200 et 7700 ajoutent la voix. Le BlackBerry téléphone est né. La proposition de valeur tient en trois points : clavier QWERTY physique, email sécurisé en temps réel, autonomie longue durée. Le BlackBerry Enterprise Server (BES) chiffre les communications de bout en bout, ce qu'aucun concurrent ne propose alors. Banques, cabinets d'avocats, gouvernements adoptent la plateforme massivement.
Barack Obama en fait son appareil personnel à la Maison-Blanche. Le surnom "CrackBerry" circule dans la presse américaine dès 2006 pour décrire l'addiction des cadres à leur terminal. En 2009, RIM vend 34,3 millions d'appareils et contrôle 19,9 % du marché mondial des smartphones.
Le 9 janvier 2007, Steve Jobs présente l'iPhone. La réaction de Mike Lazaridis oscille entre admiration privée et rejet public. En interne, il reconnaît que "ces gars sont vraiment, vraiment bons". En conférence, la ligne officielle est différente : pas de clavier physique, batterie faible, sécurité insuffisante pour les entreprises. "Essayez de taper une adresse web sur un écran en verre", lâche-t-il.
RIM rate l'essentiel. L'iPhone ne vise pas les entreprises : il vise les consommateurs. Et les consommateurs adoptent le tactile, puis l'imposent à leurs employeurs. En 2008, l'App Store ouvre avec 500 applications. En 2010, il en compte 250 000. BlackBerry App World ne suit pas.
RIM tente de répondre avec le Storm en 2008, un touchscreen raté doté d'un écran à clic mécanique. Puis avec le Torch en 2010, hybride clavier-tactile qui ne convainc personne. La part de marché tombe à 6 % fin 2011, contre 19,9 % deux ans plus tôt.
Le parallèle avec BlackBerry et Nokia est frappant. Nokia détenait 43,7 % du marché smartphone en 2008. Même sous-estimation du tactile, même refus de changer de plateforme, même effondrement : Nokia passe sous 5 % de parts de marché en 2013. Deux géants, la même erreur, la même fenêtre de temps.
BlackBerry 10 est présenté en janvier 2013 comme la refonte totale du système. Le Z10 (tout tactile) et le Q10 (clavier physique) sont les deux fers de lance. Techniquement, le système est solide. Mais il arrive avec deux ans de retard sur un marché déjà verrouillé par iOS et Android.
Les chiffres sont sans appel : 2,7 millions de smartphones BB10 vendus au premier semestre 2013. Sur l'année, BlackBerry enregistre 5,9 milliards de dollars de pertes et une dépréciation de 934 millions de dollars sur les stocks invendus du Z10.
En 2015, BlackBerry pivote vers Android avec le Priv, un slider avec écran AMOLED de 5,4 pouces. En 2017, le KeyOne sort sous licence TCL avec clavier physique intégré sous Android. Le KEY2 suit en 2018. Ce sont les derniers sursauts hardware. TCL abandonne la licence en 2020. La production de smartphones BlackBerry s'arrête définitivement.
BlackBerry n'a plus vendu un seul smartphone depuis 2020. L'entreprise existe toujours, et elle génère des revenus sur trois fronts.
Les brevets d'abord. RIM a accumulé un portefeuille massif de propriété intellectuelle sur la messagerie mobile, la sécurité des communications et les interfaces physiques. En 2020, les revenus de licences représentaient 328 millions de dollars, soit 31,5 % du chiffre d'affaires total de BlackBerry Limited.
QNX ensuite. Ce système d'exploitation temps réel, acquis en 2010, équipe aujourd'hui des millions de véhicules connectés chez Ford, BMW et Toyota, ainsi que des systèmes embarqués dans l'aéronautique et la défense. C'est discret, mais c'est structurel.
Le clavier physique enfin. Aucun constructeur n'a réussi à recréer l'expérience de frappe du Bold 9900 ou du KeyOne. Ce n'est pas de la nostalgie : c'est un constat d'ergonomie. Une niche persistante d'utilisateurs professionnels attend encore un successeur crédible.
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BlackBerry a sous-estimé le virage tactile initié par l'iPhone en 2007 et misé trop longtemps sur son marché professionnel historique. Quand BB10 est arrivé en 2013, iOS et Android avaient déjà verrouillé les parts de marché grand public et entreprise. Les pertes de 5,9 milliards de dollars en 2013 ont scellé le sort du hardware.
Mike Lazaridis et Doug Fregin ont fondé Research In Motion (RIM) en 1984 à Waterloo, Ontario. Jim Balsillie a rejoint la direction plus tard et co-dirigé l'entreprise pendant les années de croissance. RIM a changé de nom pour BlackBerry Limited en 2013.
Le Bold 9900 (2011) est souvent cité comme l'apogée du design BlackBerry : clavier QWERTY physique le plus abouti de la marque, écran tactile de 2,8 pouces, finition métal. Le KeyOne (2017) est le dernier modèle à avoir convaincu les utilisateurs attachés au clavier physique sous Android.
Oui, sous une forme très différente. BlackBerry Limited est aujourd'hui une entreprise de cybersécurité et de logiciels embarqués. Elle ne fabrique plus de smartphones depuis 2020, mais continue de percevoir des revenus de licences sur ses brevets et de développer QNX pour les véhicules connectés.
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